Charb: “Je préfère mourir debout que vivre à genoux”

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Charb sur RMC en 2012

Le dessinateur et directeur de la publication de Charlie Hebdo Stéphane Charbonnier, plus connu sous le pseudo de Charb, a été tué ainsi que onze autres personnes dans l’attentat perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo, situés dans le XIe arrondissement de Paris, mercredi 7 janvier.

“On n’a pas envie d’avoir peur, mais de se marrer” 

Le 19 septembre 2012, Charlie Hebdo faisait la une de l’actualité internationale suite à la publication de nouvelles caricatures de Mahomet, en forme de parodie du film Intouchables, et voyait ses locaux, situés alors porte de Bagnolet à Paris, placés sous surveillance policière. Interviewé par Le Monde, Charb assurait ne pas avoir peur des représailles:

“Je n’ai pas de gosses, pas de femme, pas de voiture, pas de crédit. C’est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux.”

Le directeur de la publication défendait au passage la ligne éditoriale de son hebdo:

“On n’a pas envie d’avoir peur, mais de se marrer, de prendre la vie avec légèreté. On essaie juste de faire un truc rigolo. L’humour est un langage que les intégristes ne comprennent pas. Eux s’appuient sur la peur. (…) Je n’ai pas l’impression d’égorger quelqu’un avec un feutre. Je ne mets pas de vies en danger. Quand les activistes ont besoin d’un prétexte pour justifier leur violence, ils le trouvent toujours.”

Les vrais musulmans n’incendient pas les journaux”

Un an plus tard, Charb prenait la plume dans Le Monde pour répondre aux accusations de racisme:

“Nous avons presque honte de rappeler que l’antiracisme et la passion de l’égalité entre tous les humains sont et resteront le pacte fondateur de Charlie Hebdo.(…) Si par extraordinaire – mais cela n’arrivera pas – un mot ou un dessin racistes venaient à être publiés dans notre hebdomadaire, nous le quitterions à l’instant, et avec fracas. Encore heureux !”

Et lançait un appel fort: “Ouvrez donc ce journal!

En juillet 2013, Charb commentait à nouveau l’épisode des caricatures de 2012 dans un entretien fleuve à la revue Charles: 

“Là, tout le monde a peur… Je ne sais pas comment ça a démarré, mais en gros, la préfecture m’appelle pour me demander : « Il y a quoi dans le numéro de cette semaine ? Est-ce que ça risque de poser des problèmes ?… ». Je réponds : « Ben non, je ne sais pas, je m’en fous. » « Est-ce que vous pouvez nous communiquer le journal, s’il vous plaît ? ».”

Avant de s’exprimer sur la publication dans Inspire, une revue d’Al Qaïda au Yemen, de onze portraits, dont le sien, surmontés de la mention “Wanted, Dead or Alive”:

“Au début, je me dis que c’est un montage, ça fait tellement western, et puis c’est bien maquetté, c’est plaisant…(…) Je l’ai dit aux flics qui l’ont fait remonter à leur hiérarchie, laquelle a renforcé ma protection rapprochée. J’ai flippé. “

En novembre 2011, suite à l’incendie des locaux de Charlie Hebdo, Charb déclarait à Rue89:Quel mode d’expression employer pour répondre à ces gens-là qui sont trois cons ? Les vrais musulmans n’incendient pas les journaux. Le pire c’est que ces trois cons vont faire passer tous les musulmans de France pour des intégristes”.

Source:: Les inrocks actu

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